Aujourd’hui j’ai pris le métro… Chose que la chance m’offre de faire rarement !
Cette promiscuité ! Ces odeurs… Ces yeux partout qui ne savent jamais où se fixer…
Ces mains partout qui ne savent jamais ou se poser…
Ces corps inconnus qui se collent les uns contre les autres…
Ces quintes de toux d’un voisin qu’on imagine sans peine tuberculeux…
Les agacements de l’avant dernier qui vient de sauter dans une rame bondée,
et qui se fait à son tour bousculer par un usagé bien trop pressé pour attendre la prochaine…
Mais comment font-ils ? Tous les jours ? Matin et soir ?
Comment font-ils pour trouver la force jour après jour, de répéter cet espèce de rituel
qu’ils subissent à défaut de pouvoir le supporter !?
Alors que mon corps était là… planté sur le quai…
Mes yeux ce sont posés sur un visage…
Un visage glaçant, tant il était marqué ! Un visage jeune !
Moins de la trentaine, et à peine plus de la vingtaine…
Sous ses yeux , de gigantesques cratères noirs … Et dans ses yeux…
D’énormes pupilles… Dilatées ! Bien dilatées ! Non par la came…
Mais par un sentiment, qui pour l’avoir bien connu, j’ai su lire au premier instant…
Celui de la colère… Cette jeune femme avait les yeux embués d’une colère sourde et profonde…
Gangreneuse et cannibale.
Elle s’est approchée, d’un pas étrange…
D’un pas sans vie ! D’un pas qui dit qu’il faut marcher parce qu’il le faut…
Et puis elle s’est arrêtée… à un mètre de moi, peut-être moins…
Elle a posé son sac, et puis elle a attendu…
Comme nous tous me direz-vous ! Mais non ! Non pas comme nous tous…
----- suite----
Moi aussi j’ai attendu…
En luttant pour ne pas aller chercher des miens,
ses deux yeux nichés sur leurs deux cratères…
Mais pourquoi ? Au juste…
Pourquoi était-elle là ? Ici ? A cet endroit ?
Pourquoi n’était-elle pas là bas ? Plus loin ?
La place y était ! L’espace aussi !
Elle aurait pu s’arrêter avant. Ou après !
Pourquoi avait-elle traversé tout le quai, pour venir poser son sac à un mètre de moi ?
Cette question je me la pose aujourd’hui,
Mais sur l’instant,
c’est son visage buriné qui m’appelait !
Je ne pensais qu’à lui ! Et à celle qui le portait !
L’inconnu possède une force d’attraction, c’est bien connu,
Et qui lutte pour s’en échapper, ne fait que s’en rapprocher… mais…
Elle m’aspirait, vous comprenez !
Pour de peu elle m’aurait phagocyté sur place
si le métro n’était pas arrivé !
Nous nous sommes approchées de la rame…
Elle en m’emboîtant le pas et moi en précédant le sien…
Les portes ce sont ouvertes…
Une première humaine s’en est extirpée, puis une seconde,
Un troisième puis un quatrième,
les corps ce sont détachés,
les bras crispés ce sont décontractés,
espérant pas la même monopoliser l’espace,
pour mieux réprimer nos tentatives d’incursion…
Voila... C'est tout pour ce soir...
... Bon alors maintenant vous le savez : je ne l'ai pas poussé...
Mais quoi alors ? Alors quoi ?
Commentaires
Que se passse t-il ? J'ai hate de savoir ...
Bon, je vois bien ce que tu veux nous faire dire. Je vois moins ce qu'il faudrait dire... Elle saute et tu la retiens ? Tu sauves une vie ? ;-)
Maître Po
(site web)
le: 17/11/2006 07:54:51 non pas "habitez-vous encore chez vos parents"!!!!
mais une phrase plus subtil...
mais dis donc, c'est toi qui racontes!!!
(site web)
le: 17/11/2006 09:35:20 elle te colle une beigne parce que tu l'as un peu trop fixée...tu lui redonnes un coup de boules, parce que faut pas déconner qd même!!! et tu la jetes sous le train histoire d'emmerder les braves gens qui rentres du boulot !!
elle est pas belle la vie ;-))
Son regard balaya le quai lentement d\\\'un mouvement circulaire. Au fur et à mesure de son mouvement de tête les regards fuyaient tandis que les corps se mettaient progressivement à une distance plus sécurisante. Puis ce fut ton tour, son regard se posa sur toi et doucement tu lui souris. Son regard s\\\'attarda un peu, un vague sourire traversa son visage pendant que le métro annonçait son arrivé en gare avec des crissements de pneus. Ce moment fut comme une parenthèse ouverte dans le temps puis ce fut celles du wagon qui prirent le relais. Dans l\\\'instant qui suivit la foule se précipita et elle fut comme happée. Elle disparu de ta vue et tu resta seule avec un peu de sa solitude au fond du coeur, en espérant qu\\\'un peu de chaleur, un instant, elle avait perçue.
Ahhhh pour l'heure, Philippe, tu es celui qui se rapproche le plus de la suite... D'autant que ta décription sur ses ballayages circulaires sur la foule est assez réaliste... C'est bien ce qu'elle faisait, sans trop bouger la tête pourtant... Seuls ses yeux balayaient la foule... Et non seulement elle était en colère, mais en plus elle semblait avoir peur...
Ensuite... Tu as encore vu juste.. Oui elle fut happée par la marée humaine... Et moi aussi... Et dans le même wagon...
Mais je n'en dis pas plus...
Je venais voir combien de comm' l'avaient jeté sous la rame...;o)
Bonne journée !
(PS : toujours des gros soucis de connection, environ 15min par jour et ce jusqu'àç réparation du modem jeudi prochain. je n'oublie pas ta requête, mais je file tant que j'ai de la connection ! ;o))
un rêveur sur 9... c'est plutôt bon signe... Houfff je crois Philippe que tu nous sauves la mise...
Et pourquoi tu ne le jete pas sous la rame ton vieux Modem... Un truc pareil ça se garde pas ! ou alors dans un musée.. et encore... Tu veux qu'on en fasse une enchère Barbarette ?


Comment ça, on peut pas ? :D